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Lhasa, Tibet

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Voir Asia2007 sur la carte de rotch.

Bonjour chers amis,

Merci de nous écrire, c'est du bonbon de vous lire!

Voici donc la poursuite des péripéties dans le royaume du Yéti.

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Le Tibet, cette région si mythique qu'on considère parfois comme le troisième pole du globe, a tout pour intriguer.
Lhasa, la 2e plus haute capitale du monde, après La Paz en Bolivie, est une ville sans pareille. Dorénavant beaucoup plus chinoise que tibétaine, la cité interdite renferme quand même encore son lot de charme. Le choc entre l'histoire et la modernité est palpable à chaque coin de rue.

On visite d'abord le monastère Drepung qui habitait autrefois 10 000 moines en toge safran, avant sa destruction. La révolution culturelle de Mao, succédant l'exil du 14e Dalaï-Lama, a été quasi-fatale pour la survie des lieux de culte tibétains. Il ne restait à une époque que 12 des 5000 monastères qu'abritait jadis le plateau aride! Le 1/6 de la population fut exterminé et une bonne partie du reste chassée de ces lieux.

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Une chance, les Chinois ont épargné certains des plus beaux, dont le Potala Palace, lieu de résidence des Dalai-Lamas. De loin le monastère le plus grandiose de tous, il forme le coeur de la capitale. Si l'extérieur du bâtiment est fascinant, l'intérieur est sublime. Malheureusement pour votre oeil curieux comme le nôtre, il est interdit de prendre des photos une fois entre les murs. On peut pourtant vous assurer que le parcours entre les pièces dorées, les détails artistiques incroyables, les innombrables bouddhas géants, la richesse des rituels, les lourdes tombes d'or massif de la lignée des dalaï-lamas et cette odeur de cire de yak émanant des chandelles font sans aucun doute de ce lieu l'un des endroits les plus mythiques du monde entier.

Des travailleurs tibétains au Potala Palace

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Le Potala Palace

Ici, on retrouve pour la première fois du voyage des supermarkets (ou l'on effectue des razzias de yaourt a profusion), des feux de circulation (pas trop encore compris par la polpulation locale), des rues excessivement larges (comme si la ville avait été prévue pour accueillir 5 millions d'hommes jaunes en plus), des trottoirs, des pistes cyclables, des poubelles à recycler les déchets, des centres d'achats, des hôtels somptueux, des pharmacies, des autobus a deux étages : fruits du capitalo-communisme imposé par la prochaine puissance mondiale!

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Côté chronique culinaire, quelques choix de menu peuvent aisément alimenter un dilemme tenace : poumons frits, langue de yak froide, tête de mouton bouillie, nouilles avec intestins de porc. Un vrai rrrrrrrégal comme dirait Tony le tigre! Sans farce, la bouffe est frugale, mais tout aussi savoureuse! Les morceaux de viande-trottoir à saveur de mouche sont si géants qu'on les coupe à grand coup de hache. Une chance que les mini-épiceries regorgent de biscuits secs et de sacs de chips gonfles à bloc par l'altitude! Côté chronique médicale : non mon thé ne m'a pas ôté ma toux du Népal, mais un bon sirop chinois, dont les ingrédients resteront toujours inconnus s'est chargé de le faire avec brio.

Les rues foisonnent de petits chiens bichons à pattes rapides. Les citadins les pogne même par le gras de coup (comme un vulgaire chat de gouttière) pour traverser la rue. Les autres cabots sont à poils longs comme leur pendant bovin et portent fièrement les galles de saison.

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L'entrée dans le monde chinois marque étonnamment un rapprochement avec le monde occidental mis à part les difficultés de papotages. Ici, très rares sont les gens qui se débrouillent en anglais. C'est par contre relativement facile de se faire comprendre; on decouvre des capacites de mimes inesperées. Qui plus est, c'est pratiquement impossible de dénicher un bouquin dans une autre langue que le mandarin. On raconte même que si la police te pogne avec un Lonely Planet du Tibet, elle te le confisque, car il contient une dédicace du grand chef politique et spirituel des Tibétains... Saprés zélés!

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La suite de l'itinéraire prévu après Lhasa devait en toute logique nous guider à nouveau vers l'est. Le hic est qu'il est tout aussi difficile de sortir du Tibet que d'y entrer. Notre souhait initial était de parcourir les 1500 km nous séparant du Yunnan, province au sud-est, par voie terrestre. Premier des mille et un problèmes rencontrés: il est interdit pour un étranger de circuler en autobus local dans ces régions. La moitié du Tibet est une zone militaire... Il n'y a pas non plus de tours organisés par les agences. Nous devions donc oublier l'idée jusqu'au jour où, tout à fait par hasard, on déniche sur un babillard une annonce d'une Belge voulant organiser le même genre de truc qu'on recherchait. Deux autres franchouillards (un ambassadeur français de 54 ans vivant au Yémen et un Somalien de notre age) se sont également montrés intéressés. En partageant une Jeep d'une agence qui nous fournit un chauffeur, un guide et un permis spécial, il serait possible de le faire! Par contre, même groupé en quintette, l'option reste plus chère que l'avion... On se dit quand même prêt à foncer dans une des régions les plus reculées du Tibet! Le permis prend 4 jours à faire faire... On part donc 2 jours au lac Namtso entre-temps (article suivant -> watch out les photos!). Au retour, ce sera la déception.

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We are denied. Nous ne pouvons faire la route étant donné une histoire complexe de paperasse. Notre permis tibétain est un visa de groupe (rappelons-le: le seul visa possible à obtenir en provenance du Népal). Les autorités chinoises refusent de nous donner le permis de région spéciale à cause qu'il aurait fallu faire affaire avec une agence et un guide lié à l'agence que nous avions retenue a Katmandhu pour venir au Tibet... Et encore, il aurait fallu attendre 4 jours sans être sûr que ça marche, y' a rien de clair en nulle part, c'est du chinois... C'est la poisse! L'ambassadeur français, Marc, qui a visité plus de 25 pays n'a jamais vu de paperasse aussi compliquée. C'est vraiment hard de circuler comme bon nous semble. Le chemin contraire est plus facile (arrivée par la Chine au lieu du Népal). Je suis sûr qu'il est plus facile de traverser le Moyen-Orient à pied en temps de guerre que de rouler entre le Tibet et les provinces voisines du même pays... baswell! Nous nous enfoncerons donc dans les terres du milieu pour les prochaines semaines par la voie aérienne (aucun permis spécial requis cette fois!) avec un vol pour Zhongdian.

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Le départ de Lhasa marque aussi la mi-voyage. Ca passe vraiment vite, on aimerait ben vous dire qu'on s'ennuie intense. On pourrait peut-être s'imaginer qu'on se lasse à la longue. Mais bon, c'est pas trop le cas à date, on est frais et dispos! On pense à vous très fort, profitez du bon temps!

Rock the casba!

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— Francois (du sobriquet Rotch)

Suivez les nouvelles aventures de François et Karine lors du tour du monde 2011-2012 ici
http://chroniquesduvastemonde.com

Posté par rotch 06:20 Archivé dans Chine Tagué tibet lhasa

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Commentaires

Vous êtes complètement fous, dignes des plus grands raconteurs de récits de voyage !
Malchance pour les terres interdites, la suite ne sera que plus palpitante...

Merci encore !

Louis

par louiss

Hey Rotchy Racoon !

j'pense que tu vas devoir repenser ta carriere et devenir Ingenieur-Ecrivain.

Sur ton premier livre, je verrais bien en quatrieme de couverture toi pis le gros boeuf en or. Avec un titre genre, les ''Les milles et unes peripeties du voyageur au grand coeur de boeuf d'or''. Quelle style !

C'est un pensez-y bien...

Etienne

par eti

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