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Shimla, Inde

25 °C
Voir Asia2007 sur la carte de rotch.

Après 11h de bus sur les routes sinueuses et cahoteuses au pied de l'Himalaya indien, on nous fait débarquer au mauvais arrêt de bus. Déjà que la journée à 3 ou 4 par banc dans un tape-cul de style autobus scolaire des années soixante avait quelque peu compressé nos vertèbres, il fallait marcher plusieurs km. dans la ville escarpée avant de se rendre dans un spot un peu plus friendly.

Shimla est une ville de montagne pour les Indiens cossus. C'est une sorte de station balnéaire hautement perchée s'apparentant à notre Mont Tremblant. Lors du règne britannique, les Anglais faisaient de Shimla la capitale d'été du pays alors que la chaleur de Kolkata (Calcutta à l'époque) ou de Delhi devenait trop écrasante.

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Non pas que Shimla était un arrêt essentiel, il coupait bien le trajet en deux en direction d'Haridwar-Rishikesh. Nous étions jusque-là loin de nous douter à quel point elle nous causerait des ambages.

Les agents d'hôtels à commission battent ici des records d'agression psychologique. On se fait suivre d'abord au restaurant par deux gars qui prennent un verre d'eau à la table juste à côté tout en tentant de nous vendre leur salade. Ils se font passer pour des employés de l'hôtel... mais on les repousse promptement du revers de la main. En sortant, ils rabdiquent dans la rue accompagnés d'autres rabatteurs.

De tels agents veulent nous vendre une chambre, habituellement plus chère, et se pogne une cut pour nous avoir amenées à leur hôtel. En tant que touristes indépendants et autonomes, nous détestons cette pratique harassante et trop souvent tolérée par les touristes de type je-m'en-fou-ben-de-me-faire-crosser-tant-que-j'ai-une-chambre.

Dans la rue, ils sont comme de sales mouches qui nous tournent autour. Des fois, il est difficile de marcher tellement ils nous encerclent. Ils s'empressent d'entrer dans les hôtels avant nous pour faire flamber le prix. On est traqué dans les rues par ces charlatans ambulants facilement détectables. Si on s'arrête, ils s'arrêtent, si on leur cours après, ils se sauvent! Aucun danger réel par contre, la rue touristique ressemble au vieux Quebec et est bondée de passants.

Ce type d'arnaqueur forme un réseau bien établi, car ils connaissent tous les hôtels et n'hésitent pas à appeler des guets avec leur cellulaire. Il n'y a pas grand-chose à faire pour les contrer chez eux. Ils ont toute sorte de tactiques loufoques comme ces deux fanfarons qui ont interchangé de vêtements à 5 minutes d'intervalle en pensant qu'on ne les reconnaitrait pas...

On en profite pour passer notre fatigue en se défoulant à qui mieux mieux sur eux. Je sors du sac une pléthore d'insultes anglo-saxonne à coeur-joie tandis que Karine s'exclame en blasphème bien gras du terroir, spécialités régionales incluses. Je dois même sortir le golden finger tellement la colère monte contre un vieux barbu on ne peut plus désagréable. On en rit une bonne claque, ça défoule allégrement, mais bon, il faut quand même dormir ce soir...

Une chance, on rencontre 2 Israëliens (premiers blancs à l'horizon depuis le début de la journée) qui nous aident après avoir eux-mêmes chassés les agents pendant une heure. Ares quelques boutades internationales, ils nous amènent a leur guesthouse située à 20 min. de marche en "steeeeeeep hill". On y retrouve notre sale barbu qui s'était fait un malin plaisir de nous suivre en cachette. Montée d'orgueil; nous ne voulons pas perdre la guerre qui était maintenant officiellement déclarée depuis le début des hostilités, 2h auparavant.

Nos troupes sont décimés par les crampes aux mollets et les douleurs aux trapèzes. Il n'en faut pas beaucoup pour nous faire craquer, une guerre civile interne dans nos bastions est imminente si nous ne trouvons pas refuge... On continue de chercher tels des éclaireurs furtifs entre le YMCA et les festivités hindoues pour une crèche potable; sans succès.

Dans cette ville escarpée où on trouve des ascenseurs aux coins des rues, on doit se resigner à dormir dans l'abri nucléaire des Israëliens. Cette saga en fut assez pour nous faire détester la ville qui ne ressemble en rien au reste de l'Inde et de vouloir la quitter des le lendemain.

Next-Step: Rishikesh-Hardiwar. Continuez de nous écrire c'est vraiment le fun de vous lire.

- François

LES AUTOBUS EN INDE

La run de bus de nuit de Shimla à Rishikesh a été fort éprouvante, spécialement pour moi qui me découvre une nouvelle habitude aiguë du mal des autobus. Surtout ceux qui clanchent éperdument les courbes épinglées des flancs de montagnes. Le problème avec la perte de poids en Inde est que le coussin naturel sur lequel je suis assis fond et réduit la capacité à résister aux chocs. C'est un cercle vicieux. En plus, il faut dire que les Indiens ne sont pas tous grands comme celui dans "Vol au dessus d'un nid de coucou" et la charge appliquée par le banc d'en avant sur mes rotules dépasse l'entendement. Après 1 heure de 180 degrés a toutes les 10 secondes, mon estomac crie au secours et je dois ouvrir la fenêtre pour arroser les bosquets en plein vol. Ici, c'est plutôt normal, jusque-là, déjà trois Indiens (nes) avaient ouvert la voie lors de trajets antérieurs.

En pleine nuit, lors des arrêts fréquents dans les bleds perdus, on peut discerner une autre habitude de vie étrange des Indiens. Il y a tellement de gens ici qui gisent debout dans des parkings de terre, a côté des stands de melon fermés, sur les pseudo trottoirs inexistants crées par la masse grouillante : ils ne dorment pas! Ils sont comme des petits groupes de zombies l'un devant l'autre, somnolants comme des bêtes au repos. Les Indiens sont tellement peu efficaces, on dirait que la moitie du peuple ne fait rien de la journée. Ils mangent juste assez de gibelotte pour faire pousser leurs jambes de ''chico'' et soyer leur séduisante moustache...

Bref, nous arrivons dans les brûmes, à l'heure ou le loup change de shift avec le chien, à destination de Rishikesh.

- Francois

Suivez les nouvelles aventures de François et Karine lors du tour du monde 2011-2012 ici
http://chroniquesduvastemonde.com

Posté par rotch 02:13 Archivé dans Inde

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